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Sallé. 377
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forme. Relie à le faire connoître plus particulièrement. Le fleur Sallé, n'en déplaife à fa prétendue génération, defcend en droite ligne d'un favétier dont l'échope étoit fife faubourg Saint-Honoré. Sespremières années furent confacrées à cet art illuftre, mais le libertinage l'en dégoûta. Il fit des commiffions et débuta dans la carrière dramatique fur la parade à Nicolet par les arlequins. Ceil là que fa réputation fe rendit fameufe tant par fés débauches que fon arlequine renommée. Il a vécu avec plufieurs femmes, les grugea, les battit et leur fit partager l'indigence qu'il éprouvoit à caufe de fa paillon défordonnée pour le billard.....Avare à outrance, dur, ufurier, prêteur fur gages, de la plus mauvaife foi du monde, ce directeur inique fe fait un plaifir de gagner fur tout, force au befoin à des emprunts fés fujets par la modicité de leurs appointemens et ne leur rend fervice qu'en en retirant un intérêt
confidérable..... Tel ed le fieur Sallé; il ne manque à ce portrait
fi naturel qu'un expofé de fés talens. Une diction fauffe; comme je l'ai déjà dit, un organe aigre et déteftable, un phyfique abfolu-ment ingrat; un jeu abominable. Avec tous ces avantages il joue les rois, les arlequins et les pères nobles, et fon très-digne affocié (Vienne dit Vifage) les premiers rôles. Aufll ces meilleurs ne tiennent aucun compte de leurs fujets et s'écrient avec l'orgueil le plus impudent : « Nous tenons les rênes de l'État ! » Patience, patience, attendons tout des plaintes qu'on a déjà formées contre, eux. Ce feroit un abus de fouffrir davantage de pareils tréteaux où l'on défigure journellement les meilleurs ouvrages des Corneille, des Racine et autres. » La femme de Sallé, Françoise Asseline, était aussi actrice du théâtre des Associés ; c'était, dit toujours le Chroniqueur désœuvré, une « grande, blême, bégueule, méchante fans le paroître, amoureufe comme une chatte, ridicule à la fcène, froide et ennuyeufe et bonne en rien. » En 1790, Sallé, devenu seul propriétaire du Spectacle des Associés, lui donna le nom de Théâtre patriotique. Il est mort vers 1795.
(Almanach! forains, 1773,177$. — Lt Chroniqueur dt-sauvré, II, 87, 89. — Catalogue de Soleinne, III.)
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